Un fruit amer (Nicolas Koch)

Résumé :

Comté de Woodbridge, Alabama, 1963.

En pleine ségrégation raciale, le Ku Klux Klan répand la terreur au nom de la suprématie blanche alors que la communauté noire fait entendre sa voix pour obtenir plus de droits. C’est dans ce contexte explosif qu’un fait divers va mettre le feu aux poudres. Un matin, le corps d’une jeune blanche violée et battue à mort est retrouvé dans les bois. Elle n’est autre que la fille d’un riche entrepreneur de la région qui est lui-même membre du Klan.

Qui a bien pu la tuer ? Pour les autorités, ça ne fait aucun doute : c’est l’œuvre d’un Noir. Peu avant le drame, la victime avait écrit au FBI, car elle craignait pour sa vie. Le Bureau dépêche alors sur place l’un de ses agents afin de tirer l’affaire au clair. Ce dernier va découvrir qu’elle a été tuée et il va se retrouver au cœur de la haine des hommes, face à une vérité dérangeante…

 

Après un grand nettoyage du blog, je reviens aujourd’hui vous parler d’une nouvelle sortie aux Editions De Saxus, Un fruit amer de Nicolas Koch.

Pour la petite histoire, il y a pratiquement un an jour pour jour j’achetais à Livre Paris les Limbes d’Olivier Bal (que j’avais connu en tant qu’auteur auto-édité) qui était le tout premier titre publié par De Saxus.  C’est pourquoi quand l’attachée de presse de DS m’a contacté pour me proposer de lire ce nouveau thriller, je n’ai guère hésité longtemps.

L’histoire se déroule en 1963 en Alabama en plein cœur de la décennie qui verra officiellement la fin de la ségrégation raciale aux Etats Unis et le regain d’activité de certains groupuscules se réclamant du Ku Klux Klan lors du vote de la loi contre la ségrégation. On peut dès lors bien imaginer l’ambiance pesante qui va régner tout au long du récit.

Pour ceux que la taille du roman pourrait inquiéter (485 pages), la narration est tellement prenante que le livre se lit finalement sans s’en rendre vraiment compte. Complètement immergé au sein des événements, alternativement à travers le regard des opprimés et de ceux qui exercent ce pouvoir arbitraire, le racisme et la violence s’exprimant à tous les niveaux de la société, du concitoyen lambda aux plus grandes fortunes et parmi la classe politique américaine.

Bien que loin d’être né à cette époque, le style incisif de l’auteur nous permet de nous projeter dans cette ambiance et de ressentir la peur, la haine et la violence aussi bien verbale que physique qu’évoque les différents protagonistes. Il est à noter que l’histoire en temps que telle ne fait que s’appuyer sur des faits historiques en étant une pure fiction mais le fait que Nicolas Koch se soit tout d’abord essayer à l’écriture d’essais historiques se ressent et ajoute un réalisme saisissant à son récit.

De ce fait, au delà de l’aspect historique c’est un véritable thriller saisissant que nous propose l’auteur au rythme soutenu et l’où le lecteur est invité à mener l’enquête en même temps que celle ci prend forme au fil des pages.

Comme vous l’aurez compris, j’ai énormément apprécié le travail de recherche qui a été mené pour obtenir un roman qui semble aussi réel aussi bien dans les événements que dans la construction des personnages.

De surcroît, au regard de l’Humanité les années 60 étaient hier et l’on peut regretter que bien qu’officiellement finie la ségrégation tout comme des mouvances du Ku Klux Klan existe encore aujourd’hui. Pour preuve, l’Alabama où se déroule cette histoire en 2004 a refusé d’abroger une loi stipulant que « des établissements scolaires distincts doivent être fournis pour les enfants blancs et les enfants noirs, et aucun enfant de l’une de ces deux races ne doit être autorisé à aller dans un établissement réservé à l’autre », ce qui confirme bien que la page est encore loin d’être tournée.

Si cette histoire vous intéresse vous pouvez trouver Un fruit amer en librairie depuis le 28 février !

 

 

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