Si c’est un homme (Primo Lévi)

SI_C_EST_UN_HOMME

Résumé : Durant la Seconde Guerre mondiale, Primo Levi, vingt-quatre ans, juif, lutte aux côtés des maquisards antifascistes du Piémont. Capturé en 1943, il se retrouve peu après à Auschwitz, ou il demeurera plus d’un an avant d’être libéré par l’armée russe en janvier 1945.Au camp, il observe tout. Il se souviendra de tout, racontera tout: la promiscuité des blocks-dortoirs, les camarades qu’on y découvre à l’aube, morts de froid et de faim; les humiliations et le travail quotidiens, sous les coups de trique des kapos; les «sélections» périodiques ou l’on sépare les malades des bien-portants pour les envoyer à la mort; les pendaisons pour l’exemple; les trains, bourrés de juifs et de tziganes, qu’on dirige dès leur arrivée vers les crématoires…Et pourtant, dans ce récit, la dignité la plus impressionnante; aucune haine, aucun excès, aucune exploitation des souffrances personnelles, mais une réflexion morale sur la douleur, sublimée en une vision de la vie. 

 

Si c’est un homme constitue pour moi l’un des ouvrages qu’il faut avoir absolument lu au cours de sa vie.

Ce livre n’est pourtant pas facile à lire car il constitue un des témoignages les plus poignants de l’atrocité des camps de concentration. Primo Levi réussi à écrire son autobiographie, tout en gardant une objectivité saisissante, et l’on ne remarque aucune trace de haine malgré la souffrance physique et psychologique qu’il a dû subir.

C’est une lecture dont on ne peut ressortir indemne, l’auteur nous relate le processus de déshumanisation total infligé aux individus, Primo Levi n’étant plus que le matricule 174 517, identité tatouée à jamais sur son corps.

« Häftling : j’ai appris que je suis un Häftling . Mon nom est 174 517 ; nous avons été baptisés et aussi longtemps que nous vivrons nous porterons cette marque tatouée sur le bras gauche. »

Au cours de notre lecture, nous découvrons les souffrances physiques dues au froid, à la malnutrition, à la brutalité gratuite et aux travaux forcés. Mais plus encore, on peut ressentir les douleurs psychologiques des prisonniers, les cauchemars dus à ces barbaries et à la vision de la mort.

On peut également déceler un paradoxe entre d’une part la perte de tout espoir et d’autre part la volonté affichée de vouloir préserver une humanité qui anime de nombreux détenus.

En effet, de nombreux éléments nous amènent à penser que ces derniers ont renoncé à leurs rêves, ont vu leurs consciences brisées et n’envisagent même plus une fin à ces atrocités.

Toutefois, si on y regarde de plus près on voit que les individus cherchent quand même à survivre et à garder une part d’humanité malgré les humiliations et les brimades. On assiste à la mise en place d’une nouvelle économie à l’intérieur du camp basée sur le troc mais également sur un artisanat (ex : fabrication de petites cuillères, …) et une monnaie, le pain.

Par ailleurs, les détenus cherchent à trouver des solutions pour lutter par exemple contre en le froid en fabricant des « radiateurs » à partir d’objets récupérés, mais également à s’alimenter en électricité, …

Au delà du caractère historique de l’apport du témoignage de Primo Levi à la compréhension de la vie dans les camps durant cette période, Si c’est un homme est là pour nous rappeler la cruauté dont sont capables les hommes envers leurs semblables. Il constitue un avertissement pour chacun d’entre nous sur les conséquences que peuvent avoir la haine, la peur et la folie et nous invite à rester vigilant.

« Vous qui vivez en toute quiétude
       Bien au chaud dans vos maisons
       Vous qui trouvez le soir en rentrant
       La table mise et des visages amis
       Considérez si c’est un homme
       Que celui qui peine dans la boue,
       Qui ne connait pas de repos,
       Qui se bat pour un quignon de pain,
       Qui meurt pour un oui pour un non.
       Considérez si c’est une femme
       Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
       Et jusqu’à la force de se souvenir,
       Les yeux vides et le sein froid
       Comme une grenouille en hiver.
       N’oubliez pas que cela fut,
       Non, ne l’oubliez pas:
       Gravez ces mots dans votre coeur.
       Pensez-y chez vous, dans la rue,
       En vous couchant, en vous levant;
       Répétez-les à vos enfants.
       Ou que votre maison s’écroule;
       Que la maladie vous accable,
       Que vos enfants se détournent de vous. »

                                                                         PRIMO LEVI

 

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6 réflexions sur “Si c’est un homme (Primo Lévi)

  1. C’est un livre qui m’a énormément touché, très différent de tout ce que l’on peut lire à ce sujet. J’ai également beaucoup apprécié le roman de Jorge Semprun intitulé L’écriture ou la vie qui aborde davantage la sortie des camps, l’après horreur. Je te le recommande vivement 🙂

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