Juste un rêve

C’ est parti, 15 jours sur la côte catalane, la plage, le soleil. Après de longues heures sur la route et sa part de bouchon, accident, j’ arrive enfin au camping .

Dans le flot de touriste à la piscine et dans les allées, mon regard se pose sur un petit garçon. Errant au détour d’ une caravane le regard vide, il voit les autres enfants s’ amuser tout autour de lui.
Il aimerait bien jouer avec eux mais il ne voit pas comment il pourrait s’ intégrer. Á la différence de la plupart des autres bambins, il est tout seul, il n’a pas de frères et sœur ni d’ ami qui l’ accompagne et il n’ose pas s’approcher. S’ il vient les autres lui diront qu’il n’a qu’à voir ailleurs qu’ils sont bien sans lui. Il se peut très bien que ça soit tout l’ inverse et qu’ils l’ accueillent à bras ouvert. Mais voila ce petit garçon est très réservé…

Comme ses copains de classe, il aurait bien aimé être populaire, être le gars dont toutes les filles tombent amoureuses. Cependant, il ne l’ est pas. Lui, c’est le vilain petit canard, depuis qu’ il s’en souvient il a toujours été mis a l’ écart. En fait, il était prédestiné à être exclu. C’ était le petit intello d’ une banlieue, le petit gros binoclard, celui qu’il fallait mépriser pour être bien vu.

Au début, il ne comprenait pas, il se disait que c’ était une mauvaise période à passer, mais qu’ après, tout cela s’ arrangerait.
Il espérait, … , en vain…

Alors plus ou moins consciemment, il se referma sur lui même .

Ses parents commençaient à s’ inquiéter, il fallait qu’il fasse quelque chose. Dès lors, il pris le pli de leur mentir. Il commença par leur faire croire qu’ il appréciait la solitude, qu’il n’ aimait pas trop sortir. De temps en temps, il organisait une petite sortie entre «amis», histoire de dire qu’il sortait un peu. L’ essentiel restait que les personnes qu’il aimait aille bien. Il aurait pu vivre comme cela, passant sa vie à lire des romans, à vivre seul dans «sa» réalité, …
Mais le temps lui semblant extrêmement long, il se fit la réflexion que quitte à faire quelque chose autant qu’il se rende utile.

C’ est pourquoi il choisit d’ aider les personnes en difficulté selon ses compétences et à soutenir les personnes qui n’ allait pas très bien. Ainsi je le vis porter assistance à un autre garçon qui avait déraillé et attacher un bracelet à une petite fille qui sortait de la piscine. Cela ne l’ aidait pas à être plus heureux mais au moins, il était satisfait d’ avoir pu redonner le sourire à d’ autres personnes.

Par moment il se demandait à quoi cela servait de continuer à vivre mais il ne voulait pas faire de peine à ses parents qui avait eu déjà un mal fou à l’avoir. Et puis, au fond de lui il espérait toujours que les choses pouvaient changer que lui aussi pourrait être heureux.

[…]

Je ne sais pas ce qui s’est passé mais elle a accepté d’ abandonner une semaine de son travail saisonnier pour venir en vacance avec moi alors qu’elle m’avait pourtant dit de ne rien espérer.

Le trajet pour rejoindre le lieu de vacance qui est toujours pénible et stressant par la durée et les aléas de la route pour le weekend le plus chargé de l’année avec le croisement des juillettistes et des aoûtiens, c’ était déroulé à une vitesse incroyable !!
J’ avais pu apprendre en une journée plus de chose que pendant toute l’ année scolaire.

Arrivé à 17h30 nous avions pris possession de notre bungalow et portions les bracelets nous permettant de participer aux différentes activités de notre village de vacance.
Nous nous sommes tout de suite inscrit sur le planning de réservation du court de tennis, puis nous sommes rentrés nous désaltérer sur la terrasse.

Il faisait chaud mais la tramontane catalane donnait un climat idéal. La vue était magnifique, pas un seul nuage ne venait troubler le ciel d’ un pur bleu turquoise. On voyait aussi le souffle du vent s’ infiltrer dans les fines feuilles de palmier et le doux chant des cigales tout autour de nous.

J’ étais là avec la personne la plus chère à mes yeux au milieu d’ un paysage idyllique.
Dès lors , plus rien d’ autre n’ avait d’ importance.
Je voulais immortaliser ce moment magique. L’ appareil photo en main, je lui demande de se placer sous un palmier ,la lumière illuminant parfaitement sa bouche son sourire, ses yeux.

Nous nous rendîmes ensuite au pot de bienvenue qui était suivi d’ une soirée disco.

J’ avais sans doute l’ air un peu niais à regarder chaque portion de sa peau nue , ses yeux d’ une couleur dégradée et son sourire tellement communicatif.

Après avoir dansé toute la soirée au rythme de la musique, il était temps de regagner notre habitation.

Nous disposions de deux lits séparés mais la conception de la pièce nous éloignait de moins d’ un mètre. Quelques minutes après avoir rejoint nos lits respectifs, le vent gagnait encore en intensité et s’ engouffrait dans la bâche qui recouvrait la terrasse.

Bien qu’ il n’y avait aucun danger elle me dit qu’ elle n’ était pas rassurée et me demandait si je pouvais lui tenir la main, ce que je fis dans la seconde qui suivit. Sa main au creux de la mienne, je sentais sa peau douce. Je caressais ses petits doigts, puis son avant bras, quand soudain elle me demanda si elle pouvait venir dans mes bras. Comment étais ce possible ? Ce moment que j’avais tant espérer était en train de se réaliser. Je lui caressais ses longs cheveux soyeux, puis son visage, elle était si proche de moi que j’entendais son souffle lent et régulier. Elle ne disait rien, elle semblait partager ce moment merveilleux en savourant chaque instant passé si près l’ un de l’ autre.

Je m’étais encore rapproché un peu plus d’elle. Elle portait une chemise de nuit assez courte et ma cuisse frôlait la sienne.

J’ étais maintenant assez près d’ elle pour distinguer sa bouche dans la peine ombre. J approchais lentement mon visage, je n’étais plus qu’à un centimètre de ses lèvres quand soudain, j’entendis un bruit sourd suivi d’ une douleur dans le bas du dos.

Je ne la voyais plus…
Quand je me rendis compte que j’étais au pied de mon lit, je compris immédiatement que tout cela n’ était qu’ un rêve. Que tout cela était trop beau pour être vrai.

Comment avais je pu croire un instant qu’une telle chose pouvait arriver ?
Ça semblait si réel mais comment avais je pu être si candide.

[…]
A vrai dire si je connaissais aussi bien ce petit garçon qui n’est plus si petit aujourd’hui, c’est sans aucun doute parce que ce petit garçon, c’est moi !!!

Dans le monde réel, le ciel est toujours magnifique, les palmiers, la tramontane, tout y est …, sauf ELLE…

Sauf que sans elle rien de cela n’a d’ importance. Chaque jour, j’espère qu’elle va m’écrire pour me prouver qu’elle pense à moi, qu’elle veut savoir.comment je vais quand je ne la vois pas.

Pendant toute la durée des congés, je n’aurai pu la voir qu’une fois. Une seule fois et en usant de tout un stratagème pour provoquer la rencontre…

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